Chaque année, les assureurs français reçoivent plus d’un million de déclarations pour dégâts des eaux. Agir vite limite les pertes matérielles et prévient le développement de moisissures. Voici un guide complet, pratique et chronologique pour sécuriser les lieux, documenter le sinistre et préparer votre dossier pour l’assurance ; il détaille également les étapes pour choisir et mettre en place une location déshumidificateur pour particuliers après dégât des eaux afin d’assainir l’air et les structures de votre logement de manière efficace et professionnelle.
1. Bilan immédiat et sécurisation des lieux
La première priorité est la sécurité des occupants. Si l’eau touche des prises, des appareils ou le tableau électrique, coupez le courant depuis le tableau général avant d’intervenir. Évacuez les personnes vulnérables (personnes âgées, enfants, malades) et appelez les secours si nécessaire. Repérez la source (robinet, canalisation, toiture, infiltration) et, si possible, stoppez l’arrivée d’eau en fermant le robinet général ou le compteur.
Protégez les biens essentiels : placez documents importants, médicaments et objets de valeur en hauteur, enveloppez-les dans des sacs plastiques étanches. Retirez rapidement les textiles (rideaux, tapis, coussins) et séchez-les à l’air libre si possible. Déplacez les meubles surélevés ou placez des cales pour limiter le contact prolongé avec l’eau.
2. Photographies, preuves et constitution du dossier
Pour faciliter la déclaration à l’assurance, prenez des photos larges puis détaillées, avec date et heure visible sur votre téléphone si possible. Photographiez la source apparente, les dégâts sur les murs, plafonds, sols et les biens endommagés. Notez l’heure d’apparition du sinistre et décrivez les circonstances dans un court rapport écrit que vous signerez et daterez.
Rassemblez factures, contrats d’entretien (chaudière, chauffe-eau), diagnostics récents, et tout élément permettant d’établir l’entretien et l’état du bâtiment avant le sinistre. Conservez également les bons de commande ou devis liés aux interventions de dépannage. Envoyez le dossier complet à votre assureur selon les modalités du contrat (e-mail, espace client, ou courrier recommandé si requis).
3. Séchage : durée indicative selon les matériaux
| Matériau | Humidité initiale | Durée indicative de séchage |
|---|---|---|
| Plaques de plâtre / plaques BA13 | Trempées | 3–7 jours (souvent remplacement si cloquage) |
| Parquet bois | Imbibé | 7–21 jours (ponçage ou remplacement selon déformation) |
| Béton / maçonnerie | Humide | 10–30 jours selon épaisseur et ventilation |
| Isolants (laine minérale, laine de verre) | Saturés | Souvent à remplacer pour garantir performance thermique et éviter moisissures |
4. Choisir un déshumidificateur : méthode et calcul
Calculez le volume à traiter : surface (m²) × hauteur sous plafond (m) = volume (m³). Pour une pièce moyenne de 25 m² avec 2,5 m de hauteur, le volume est 62,5 m³. Pour un sinistre modéré, choisissez un appareil capable d’extraire 30–50 L/24h pour 50–100 m³. Pour caves ou inondations importantes, orientez-vous vers 80–150 L/24h ou plus.
Vérifiez le débit d’air (m³/h) : un bon renouvellement permet d’accélérer le séchage. Privilégiez les modèles équipés d’un hygrostat (réglage de l’humidité cible), d’une pompe de relevage si l’appareil doit évacuer l’eau vers un point haut, et d’un filtre lavable. Pour les espaces très sales ou avec forte charge en particules, préférez un débit d’air élevé et un préfiltre efficace.
5. Location : durée, coût et options
Demandez plusieurs devis incluant livraison, installation, mise en service et retrait. Tarif indicatif : de 80 à 250 € par semaine pour un appareil domestique performant, de 200 à 400 € par semaine pour un matériel professionnel industriel. La durée de location est souvent de 3 à 7 jours pour un sinistre modéré, et supérieure à 7 jours pour une inondation ou des murs très humides. Pensez à prolonger la location tant que l’hygromètre n’indique pas une humidité stable et acceptable.
Conservez la facture détaillée pour le remboursement par l’assurance. Demandez également la remise d’un rapport de séchage si le loueur propose un suivi technique ; ce document facilite la prise en charge par l’expert et l’assureur.
6. Surveillance et prévention des moisissures
Surveillez l’évolution avec un hygromètre : visez une humidité relative inférieure à 60 % dans les pièces de vie et autour de 40–55 % pour limiter la prolifération des spores. Aérez quotidiennement lorsque les conditions extérieures le permettent, et maintenez une ventilation mécanique contrôlée (VMC) en bon état de fonctionnement. Pour les zones sensibles (placards, murs enterrés), installez des détecteurs d’humidité ou des petits capteurs connectés.
7. Réparations et prévention à long terme
Une fois le séchage complet confirmé, planifiez les réparations : remplacement d’isolants détériorés, réparation ou remplacement de plaques érodées, ponçage et traitement du parquet si nécessaire. Pensez à améliorer les protections : robinets anti-retour, clapets, siphons et contrôles réguliers des canalisations. Envisagez un contrat d’entretien pour les installations sensibles (chaudière, chauffe-eau) afin de réduire le risque de récidive.
Selon la Fédération française de l’assurance (FFA, 2023), une intervention rapide réduit de près de 60 % le risque de dégradation secondaire et de développement de moisissures. Gardez trace de toutes les interventions, factures et rapports techniques pour faciliter le règlement du sinistre. En agissant vite et en choisissant le matériel adapté, vous limitez les coûts et protégez la santé des occupants.





