Bardeaux de bois

 On peut le rencontrer sur les murs ou les toitures dans de nombreuses régions du globe, du Canada à la Patagonie pour les Amériques.

Une couverture durable des plus esthétiques qu'il soit.

La belle couleur gris argenté de la patine des bardeaux de White Cedar

 
   L'habitat ordinaire des indigènes des régions montagneuses du Guatemala: une simple pièce aux murs d'adobe couverte de bois. A noter la pose particulière avec double épaisseur de bardeaux et le long pureau. Ces toitures à changer fréquemment ont contribué avec le chauffage au bois au déboisement des pentes, les arbres valables ne se situant plus qu'aux sommets.
Quel bois ?
Tout bois résistant aux intempéries donc pouvant être utilisé en extérieur et qui peut se débiter en fine plaques

Sous quelle forme?
Bardeaux éclatés (shakes en amérique):
le fil du bois est conservé, ils canalisent bien l'eau ce qui améliore leur durée de vie
Bardeaux éclatés et resciés (handsplit and resawn):éclatés puis resciés en biais pour donner deux éléments de forme plus épaisse à un bout et très fine à l'autre, avec une face éclatée (à mettre dessus) et l'autre plane
Bardeaux sciés (shingles): plus faciles à produire mais l'eau s'écoule moins bien

Où les trouver?

Bois locaux:
l'épicea
(traditionnel dans les vosges) les essis
le chêne (peu utilisé)
le mélèze (traditionnel dans les alpes) :
scierie mercantour (alpes du Sud)
ou
ANDREOLETTI françois Route du Col Bugard 05000 GAP
ou dans la Creuse: Ambiance Bois, Route d'Eymoutiers, 23340 Faux la Montagne (une entreprise à participation ouvrière)
on trouvera des bardeaux éclatés, ou sciés, ou encore des planches sciées à recouper soi-même à la longueur désirée
le robinier faux acacia voir
bardeaux acacia
le châtaignier shakes en châtaignier ou castanea (en Belgique)
ou
FERRY François SARL La Mandalerie 74230 Manigod
le pin maritime voir bardeau en pin des landes`
douglas, chataignier ou robinier bardeaux sciés

Bois importés:
Western Red Cedar
(un thuya de l'Ouest du Canada- le plus connu et utilisé)
On trouve facilement du Red Cedar sous forme de shakes ou de shingles (on importe en france la meilleure qualité, d'autres qualités et types se rencontrent au Canada)
Voir sur le port de Sète (des bateaux entiers arrivent là)
ou auprès des marchands de matériaux POINT P
un importateur en Belgique: ISAPION s.a

et plus rarement on peut trouver
Eastern White Cedar
(de la côte Est du Canada)
ou d'autres bois exotiques (certains bois amazoniens par exemple)

D'autres essences s'utilisent localement dans le monde mais il ne sont pas importés en France comme bardeaux.

Question prix: bien que l'on soit tenté d'utiliser des bois locaux les bardeaux de Red Cedar importés sont bien moins chers à qualité égale (environ 22€ le m2 couvert). Une raison? L'abondance de bois au Canada et des entreprises importantes.

 

 
 

 Bardeaux de White Cedar lors de leur pose

Bardeaux de châtaignier sur un dôme 

Bardeaux de Red Cedar sur un zome

La pose des bardeaux

Ils sont cloués ou agrafés sur un support continu (panneau de particules ou triply) ou sur des liteaux.

 Le mieux est de réaliser un double litelage, une première rangée de liteaux dans le sens de la pente, une seconde horizontale (30 x 30 ou 30 x 40 mm) pour pointer les bardeaux. On crée ainsi une lame d'air ventilée ce qui permet un meilleur séchage (meilleure longévité). L'écartement de ces liteaux sera de la longueur du pureau.

Les clous seront en acier galvanisé, en inox ou en cuivre (pas de cuivre avec le Red Cedar). Pour ma part j'utilise les clous en acier galvanisé à petite tête de 50 à 70 mm de long, ils sont plus fins que ceux à tête large, ils accrochent bien dans le bois, ils n'éclatent pas les bardeaux (risque avec le châtaignier) et il y en a beaucoup plus au kilo. On fixe par 2 clous au milieu du bardeau à 10-15 mm du bord sans écraser le bois et on laisse un espace de 5-10 mm entre bardeaux. La rangée suivante en chevauchement recouvrira ces clous de 5-10 cm.

Pour des détails de pose aux points délicats, on visitera ce site

Les bardeaux sont posés à triple recouvrement avec un pureau (partie exposée) de 4/10e environ de la longueur des bardeaux (ou moins si la pente est faible).

Par exemple les shakes en Red Cedar se trouvent en 60 cm de long, le pureau conseillé est de 25 cm et la pente du toit doit être de 33% au minimum (25% pour les shingles). Avec une pente un peu plus faible, on recouvrira davantage. Ou bien on mettra une bande de feutre bitumé sur chaque rangée de bardeaux pour une bonne étanchéité (photo de gauche ci-dessus).

 La longévité des bardeaux

Elle dépend de l'essence du bois, des conditions climatiques, de la pente (des monuments historiques portent des bardeaux de châtaignier depuis des siècles, mais sur des pans de murs verticaux). Le Red Cedar devrait durer au moins 40 ans. Ma seule expérience: avoir du changer une toiture au bout de 18 ans. Mais c'était du White Cedar scié et très mince. Qu'est il arrivé? Une moisissure s'est développée avec l'humidité imprégnant la surface et elle a fini par amincir encore l'épaisseur jusqu'à ce que le vent puisse arracher les bardeaux, les clous passant à travers le bois.

Sinon il peut se former de la mousse aux endroits humides et à l'ombre comme les noues (la gratter si trop importante) ou du lichen sous des arbres trop proches (mais ce ne semble pas dangereux et c'est joli).

 

 

Quelques photos de zomes couverts de bardeaux (bien adaptés à ce type d'architecture)
     

Bardeaux de châtaignier sciés 

 Bardeaux de châtaignier autoproduits

 Bardeaux de Red Cedar patinés

Changement de couverture sur une grange en Ariège

L'ancienne couverture en onduline a été enlevée, un film pare pluie déroulé sur la volige, des liteaux 3 x 4 posés dans le sens de la pente et le donble litelage horizontal forme comme une large échelle pratique pour grimper. Les bardeaux de 60 cm en chatâignier scié sont cloués sur ces liteaux espacés de 25 cm.

Fabriquer ses bardeaux

Si vous êtes dans une région où pousse le châtaignier, choisir des rejets bien droits ou des arbres avec les premières branches assez hautes, d'au moins 25 cm de diamètre, faire des tronçons d'égale longueur (40 à 60 cm), les refendre si le diamètre est important. Comme outil: un coutre qui est une forte et large lame sur laquelle se fixe un manche (on l'utilise aussi pour faire des piquets). Placer la lame sur le tronçon vertical en fixant l'épaisseur du bardeau désiré, frapper un bon coup dessus avec une espèce de massue de bois pour faire pénétrer la lame, faire levier avec le manche pour faire éclater le bois.

Bien sûr il y a des ratés et le rendement n'est pas des plus forts surtout au début mais ce travail peut se faire petit à petit dans ses moments libres. Penser aussi qu'il en faut un sacré tas pour une toiture.

Les vrais faux bardeaux

 Si l'on veut jouer l'économie et obtenir l'aspect du bardeau sans une parfaite étanchéité ou longévité, on peut couvrir de simple volige sciée à la longueur voulue qui couvrira et cachera une étanchéité de feutre bitumé. Si elle n'est pas assez sèche la volige se courbera comme une tuile inversée mais risque de fendre au niveau des pointes; il serait mieux de percer un avant trou. Pour augmenter la longévité, on peut raboter la face extérieure ou encore passer une lasure. Et si la pente est importante, elle résistera au temps plus de 10 ans.

 
Bardeaux de volige sur le chalet d'été de Bob

Abri de four à poteries

 A lire:

Thierry Houdart: Toits de bois en Europe- Ed. Maïade La Nouaille, 19160 Lamazière-Basse

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