Une construction fantastique en Catalogne

Sa passion dure depuis toujours: bricoler, inventer, construire, avec des branches, des matériaux récupérés, de tout.

Josep Pujiula i Vila, "l'home de les cabanes", a créé ici en Catalogne le plus fantastique des châteaux né de son imagination et de son travail, avec les matériaux humbles de son environnement: de simples perches et branches liées entre elles par des clous ou du fil de fer.
Un ensemble colossal et aérien qui enveloppe les arbres et les submerge, une composition improvisée de chemins, de ponts, de cabanes et de tours qui culminent à quelques 25 mètres de hauteur.
Et tout celà pourquoi? Un peu pour lui, comme jeu et comme sport, et beaucoup pour le plaisir et l'enchantement de tous ceux qui viennent lui rendre visite.
Et comme la région est touristique, ils sont nombreux.
       
Ceci n'est pas seulement une sculpture grandiose que l'on admire de l'extérieur mais un labyrinthe enchanteur dans lequel on pénètre, on se perd dans la transparence des branchages, on grimpe, on tourne, on découvre, on aboutit à des cabanes reposoirs, un bain de jouvence pour les petits et les grands. Une balade hors du temps.
Et c'est gratuit. Seule une boite discrète avec une fente vous permet de laisser quelque argent pour encourager Josep dans son travail. Et c'est avec plaisir que l'on donne pour cet anti-château de la belle au bois dormant, ces heures d'exploration dans un rêve de Don Quichotte.
Construction improvisée, spontannée? Pas tout à fait quand l'accès aux plus hautes tours, la plus belle vue sur l'ensemble et la campagne environnante, est l'aboutissement du chemin le plus long et le plus complexe, des tunnels aérés qui vont jusqu'au fond du ravin, tournent autour de la construction, qui gravissent graduellement les étages, où l'on ne cesse de monter et descendre des échelles de branches et de chercher le passage.
Selon Josep, seule une personne sur dix parvient à ce nirvana; et d'autres trop intimidés n'osent même pas y entrer.
Si vous vous y aventurez avec vos jeunes enfants, ils vous montreront comment faire et vous n'aurez plus peur désormais en les voyant par la suite grimper à un arbre ou une échelle    
       
Ce parc enchanteur est le résultat d'une longue histoire encore inachevée.
Parce qu'il aimait bien se baigner dans le ruisseau de "Can Sis Rals", Josep a depuis plus de 20 ans progressivement aménagé ce lieu boisé qui ne lui appartient pas, amenant des animaux, anes, chèvres, colombes et autres volatiles. Puis leur a construit des abris, et d'autres pour leur nourriture, puis des cabanes extraordinaires, des ponts de branches enjambant le ravin,... Discret au début, ce lieu a ensuite été connu et visité, jusqu'à devenir un parc naturel, un espace de liberté où chacun pouvait venir pour son plaisir, pour la journée, la nuit ou quelque temps, en contact avec la nature.
Cette entreprise désintéressée et un brin naïve n'a pas été sans problème. Si beaucoup de gens corrects y ont pris une journée de détente, ce parc est bientôt devenu un lieu tranquille pour ceux que Josep, qui n'habitait pas sur place et venait y travailler durant la journée, nomme les tribus de "passotes", pastilleros", "porreros", "maquineros", "rapats", "ruteros", "bacaleros" amateurs de sexe, drogue et rock'n roll, qui n'hésitaient pas à casser des constructions pour faire du feu, à emporter ce qui leur plaisait, voler des animaux et disperser les autres, attiré la Guardia Civil et l'animosité des gens du village pour celui qu'ils nommaient le 'Tarzan d'Argelaguer".
Après maintes plaintes et complications, Josep a enterré ses illusions et s'est résolu à démonter et brûler les éléments de ce parc.
Mais pas tout à fait, conservant une unique cabane plus volumineuse et plus haute que l'arbre qui la porte, et à partir de laquelle il a créé ce labyrinthe en reprenant la scie, le marteau et les tenailles. Peut-on arréter une rivière en train de couler?
Alors si vous rentrez en Espagne par le Perthus, plutôt que de faire 2 heures de queue pour visiter le musée Dalí de Figueras, prenez vers l'Ouest la direction de Olot sur une trentaine de km, vous ne pouvez pas le manquer, c'est en bord de route.
A classer au patrimoine mondial de la construction humaine !- si celà existait. Il y a plutôt à craindre qu'un prétexte administratif, sécuritaire ou autre, ne vienne interdire la visite intérieure de ce lieu fantastique et généreux. Alors n'attendez pas trop.
Du temps que les visiteurs visitent,
le constructeur imperturbable poursuit sa construction
 

Vous ne pourrez plus voir cette architecture fantastique car le gouvernement de Catalogne a préféré faire passer une route sur le terrain de cette oeuvre plutôt que de la conserver
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